Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 21-22

 

Arjuna dit :

 - « O Vous l’Infaillible, menez, je vous prie,  mon char entre les deux armées

que je puisse voir qui est sur les lignes,

qui désire combattre,

qui je devrai affronter au cours de la bataille imminente. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

De par sa miséricorde immotivée, Krishna s’est mis au service d’Arjuna, Son ami ;

Et pourtant, Il est Dieu, la Personne suprême.

Ici, on Le nomme l’Infaillible, car Son affection pour Ses dévots ne faillit jamais.

En toutes circonstances, Il demeure Hrishîkesa, Dieu, la Personne suprême, le Maître des sens de chaque être.

Il est le Maître Absolu, tous les êtres Lui sont subordonnés ;

Nul n’est au-dessus de Lui, nul ne peut Le commander.

 

Hare Krishna ! – Haribol !


 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 23

 

 - « Que je vois ceux qui sont venus ici combattre

dans l’espoir de plaire

au fils malveillant de Dhritarâshtra. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Duryodhana nourrit depuis longtemps le désir d’usurper le royaume des Pândavas.

Certain que ceux qui ont rejoint le camp de Duryodhana sont de la même espèce, Arjuna veut connaître leur identité avant le combat, mais sans aucune intention de leur proposer la paix.

Il veut en outre estimer leur force, bien qu’il soit sûr de sa victoire puisque Krishna Se tient à ses côtés.

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 24

 

Sanjaya dit :

 - « Srî Krishna a entendu la requête d’Arjuna,

ô descendant de Bhârata,

et Il conduit le char splendide entre les deux armées. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Dans ce verset, Sanjaya appelle  Arjuna « Gudâkesa ».

Ce nom vient de gudâka (sommeil) et désigne celui qui a vaincu le sommeil.

Or, sommeil est synonyme d’ignorance, et si l’on donne ce nom à Arjuna, c’est que son amitié pour Krishna lui a permis de dominer à la fois le sommeil et l’ignorance.

Telle est la nature du bhakta ;

Qu’il veille ou dorme, il ne cesse d’avoir à l’esprit le nom de Krishna, Sa Forme, Ses Attributs et Ses Divertissements.

Krishna est Hrishîkesa, le Maître des sens et du mental de chaque être.

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 25

 

 - « Devant, Bhîshma, Drona et tous les princes de ce monde,

Hrishîkesa, le Seigneur, dit à Arjuna :

 - Vois donc, ô Pârtha, l’assemblée de tous les Kurus. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Le nom « Hrishîkesa » indique également que le seigneur sait tout.

Arjuna, lui, est appelé Pârtha, fils de Kunti ou Prithâ.

Ce nom est également chargé de sens ;

Krishna est son ami et veut lui dire que s’Il a accepté de conduire son char, c’est qu’il est le fils de Sa tante Prithâ, sœur de Son père Vasudeva.

Mais pour quels motifs demande-t-Il à Arjuna de porter son regard vers les Kurus ?

Arjuna voudrait-il refuser la lutte ?

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 26

 

 - « Arjuna voit alors, dispersés dans les deux camps, ses pères, aïeux, précepteurs, oncles maternels, frères, fils, petits-fils et amis ;

Avec eux, son beau-père et tous ceux qui jadis lui ont montré tant de bienveillance.

Tous sont présents. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Arjuna découvre, dans les lignes, des hommes qui, à un degré ou à un autre, ont tous avec lui un lien de parenté.

Bon nombre de ses amis apparaissent également dans les différents bataillons.

 

Hare Krishna – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 28

 

Arjuna :

 - « Cher seigneur, de voir ainsi les miens,

devant moi en lignes belliqueuses,

je tremble de tous mes membres et sens ma bouche se dessécher. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Celui qu’inonde une dévotion véritable pour le seigneur possède entièrement les qualités que l’on trouve chez les hommes saints et les devas.

Maintenant qu’il voit ses parents et amis sur le champ de bataille, Arjuna sent l’envahir une compassion pour eux qui ont décidé de lutter ainsi les uns contre les autres.

Ces symptômes ne sont certes pas dûs à la faiblesse, mais à la tendresse de cœur qui caractérise le pur bhakta.

 

Srîmad-Bhâgavatam :

 - « L’homme animé d’une dévotion constante pour le Seigneur possède toutes les qualités des devas.

Qui ne se voue à la Personne Suprême n’a, au contraire, que des atouts matériels de peu de prix.

La raison en est qu’il erre sur le plan mental, acceptant ainsi la fascination des énergies matérielles, dont il devient la proie. »

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 29

 

 - « Tout mon corps frisonne et mes cheveux se hérissent.

Mon arc Gândîva, me tombe des mains, et la peau me brûle. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Le corps d’un homme se trouve agité de frissons et ses cheveux se hérissent dans deux cas bien précis :

Soit lors de grandes extases spirituelle, soit en raison d’une grande frayeur motivée par des éléments matériels ;

Il n’existe en effet nul motif de crainte une fois atteinte la réalisation spirituelle.

Les phénomènes qui affectent le corps d’Arjuna sont dûs à une crainte d’ordre matérielle, celle de rencontrer la mort.

 

Hare Krishna ! – Haribol !


 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 30

 

   - « Ô Kesava, je ne puis demeurer ici plus longtemps.

Je ne suis plus maître de moi

et mon esprit s’égare ;

Je ne présage que des événements funestes. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Un trop grand attachement aux choses de ce monde plonge automatiquement l’homme dans la confusion.

La peur et le déséquilibre mental subjugue celui qui se laisse affecter par les diverses circonstances où le place la vie matérielle, nous dit le Srîmad-Bhâgavatam (Bhayam dvitîyâbhinivesatah).

L’emploi du terme nimitta est, à ce propos, plein de signification :

 - Il indique le trouble, l’embarras, où se voit plongé l’homme frustré dans ses espérances, qui ayant oublié l’Être Suprême, n’a plus d’autre centre de préoccupation qui lui-même et son propre bien-être.

Lorsque nous subissons l’influence de la nature matérielle, nous oublions cela, et nous souffrons ;

Arjuna en est maintenant arrivé à croire que la victoire ne lui sera qu’une source de lamentation.

 

Hare Krishna – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 31

 

 - « Que peut apporter de bon ce combat,

où sera massacré ma propre famille ?

A pareil prix, ô Krishna,

comment pourrai-je encore désirer la victoire,

aspirer à la royauté

et aux plaisirs qu’elle procure ? »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Ignorant qu’ils peuvent satisfaire leurs plus grands désirs en se donnant Vishnou (Krishna) pour seul but, les êtres conditionnés cherchent des relations basées sur le corps, et non sur l’âme, et espèrent trouver le bonheur.

Abusés par Mâyâ, ils oublient que même les joies matérielles viennent de Krishna.

 

Hare Krishna – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 32 – 35

 

 - « O Govinda, que servent tant de royaumes, que sert le bonheur, à quoi bon la vie même, quand ceux pour qui nous désirons ces biens se tiennent maintenant sur le champ de bataille ? »

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Arjuna appelle ici Krishna « Govinda », car Il est Source de plaisir pour les Vaches et les sens de tous les êtres.

Usant de ce nom, Arjuna laisse paraître qu’il compte sur le Seigneur pour satisfaire ses désirs matériels.

Govinda n’existe pas pour notre plaisir, mais si nous nous efforçons de réjouir Ses sens, les nôtres serons aussitôt comblés.

Si, au lieu d’un désir personnel, nous n’avons que celui de plaire à Govinda, sa grâce comblera tous nos vœux.

 

Hare Krishna – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 36

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Un chef d’état se doit d’être vertueux, mais non pas pour autant lâche.

L’avatâra Râmacandra, par exemple, était si pur que chacun désirait vivre dans son royaume, le râma-râjya.

Cependant, jamais il ne montra signe de couardise.

Râvana L’avait agressé en enlevant Sa femme, Sîtâ ;

Râmacandra lui donna une leçon sans pareille dans l’histoire du monde.

Pourtant, les Ecritures enjoignent les saints hommes de toujours accorder le pardon, peu importe les circonstances.

Arjuna donne ici à Krishna le nom très révélateur de Mâdhava, l’Epoux de la déesse de la fortune ;

En effet, Krishna n’est jamais cause d’infortune pour quiconque, et bien moins encore pour ceux qui se sont entièrement voués à Lui.

 

Hare Krishna - Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 37 - 38

 

 - « Ô Janârdana, si, aveuglés par la convoitise,

ces hommes ne voient aucun mal à détruire leur famille,

nulle faute à se quereller avec leurs amis,

pourquoi nous, qui voyons le péché,

devrions-nous agir de même ? »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Arjuna, mis au défi par le camp de Duryodhana, ne peut donc se dérober.

Mais, pense-t-il, ses rivaux ne comprennent sans doute pas les conséquences néfastes d’un tel défi, que lui, par contre, est en mesure de voir, et pour cette raison, il refuse de combattre.

Une obligation ne peut en effet nous lier que lorsqu’elle entraîne des résultats positifs, et Arjuna ayant bien pesé le pour et le contre, décide de ne pas livrer bataille.

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 39

 

 - « La destruction d’une faille entraîne l’effondrement des traditions éternelles ;

Ses derniers représentants sombrent alors dans l’irréligion. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Le Varnâshrama-dharma comprend maints principes moraux dont le rôle est de permettre aux membres d’une famille de grandir en force et en sagesse et d’assimiler graduellement, tout au long de leur existence, les valeurs spirituelles.

Ce sont les anciens qui, dans leur famille, ont la responsabilité de veiller à l’application de ces principes.

Leur trépas risque donc de marquer l’interruption de ces pratiques, ce qui conduirait leur descendance à tomber dans l’irréligion, et à perdre ainsi toute possibilité de libération spirituelle.

Faire périr les anciens est, par suite, une faute capitale.

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 40

 

 - « Lorsque l’impiété, ô Krishna, règne dans une famille,

les femmes se corrompent,

et de leur dégradation,

ô Descendant de Vrishni,

naît une progéniture indésirable. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Une population saine est le principe fondamental de la paix, de la prospérité et du progrès spirituel dans la société des hommes.

Les principes moraux du Varnâshrama-dharma furent donc conçus de façon à diriger la société toute entière vers le progrès spirituel en y assurant le maintien de la vertu.

La pureté d’une population dépend de la chasteté et de la fidélité des femmes.

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 41

 

 - « L’accroissement du nombre de ces indésirables engendre pour la famille,

et pour ceux qui en ont détruit les traditions,

une vie d’enfer.

Les ancêtres sont oubliés,

on cesse de leur offrir les oblations d’eau

et de nourriture. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Les traditions védiques concernant la poursuite des bienfaits matériels veulent que l’on offre régulièrement des oblations d’eau et de nourriture aux ancêtres de la famille.

On offre d’abord cette nourriture à Vishnou, puis on en présente aux ancêtres les restes sanctifiés appelés « prasâda ».

En effet, les aliments d’abord offert à Vishnou ont le pouvoir de délivrer un homme des conséquences de tous ses actes coupables.

Leur offrir ce prasâda, c’est leur permettre d’échapper aux conditions misérables où ils peuvent se trouver.

Le bhakta n’a pas ce devoir, car il lui est donné, par la seule grâce de ses actes dévotionnels, de libérer des milliers d’ancêtres.

Srîmad-Bhâgavatam, XI - 5 :

 - « Quiconque a pris refuge aux pieds pareils-au-lotus de Mukunda, le Pourvoyeur de libération, quiconque s’est défait de tout lien et s’est sérieusement engagé sur la voie de la dévotion, n’a plus ni devoirs ni obligations envers les devas, les sages, sa famille, ses ancêtres, l’humanité et les êtres en général. »

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 42

 - « Ceux qui, par leurs actes irresponsables,

brisent la tradition du lignage,

ceux-là provoquent l’abandon des principes grâce auxquels prospérité

et harmonie règnent au sein de la famille

et de la nation. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Les principes qui, dans le varnâshrama-dharma, régissent la famille et la société, ont pour but de permettre aux hommes d’atteindre l’ultime salut.

Lorsque des chefs d’état irresponsables brisent ces traditions, la confusion qui en résulte fait oublier à la société que le but de toute existence est Vishnou, Krishna.

Ceux qui suivent ces dirigeants aveugles sont certains d’aboutir au chaos.

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 43

 

 - « Je le tiens de source autorisée, ô Krishna :

 - Ceux qui détruisent les traditions familiales vivent à jamais en enfer. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Les arguments d’Arjuna ne viennent pas d’une expérience personnelle, mais de ce qu’il a entendu des lèvres de ceux qui transmettent la connaissance sans l’altérer.

La vraie connaissance s’acquiert de cette façon ;

On ne peut l’obtenir sans l’aide d’un maître qui la possède déjà parfaitement.

Selon le Varnâshrama-dharma, l’homme doit procéder avant la mort, à une cérémonie d’ablution (prâyashcitta), destiné à le purifier de tous ses actes coupables.

S’il y manque, ses actions déméritoires le forceront à renaître sur des planètes infernales, où il mènera une vie des plus misérables.

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 44

 

 - « Hélas, par soif des plaisirs de la royauté, … »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Des motifs égoïstes peuvent pousser l’homme à commettre de grands péchés.

Mais Arjuna est un bhakta, toujours conscient des principes moraux ;

Aussi prend-il soin d’éviter de tels actes. 

 

Hare Krishna – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 45

 

 - « Mieux vaut mourir de la main des fils de Dhritarâshtra, sans arme et sans faire de résistance, que de lutter contre eux. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Arjuna se refuse au combat, même s’il est attaqué.

Son attitude résulte d’une grande bonté, signe de son ardente dévotion pour le Seigneur.

 

Hare Krishna ! – Haribol !

 

Bhagavad-Gîtâ telle qu’elle : I, 46

 

Sanjaya dit

 - « Ayant ainsi parlé sur le champ de bataille, Arjuna laisse choir son arc et ses flèches ;

Il s’assoit sur son char, accablé de douleur. »

 

Swami Bhaktivedanta Prabhupada :

Seul celui qui, voué au Seigneur, possède la grandeur d’âme et la tendresse de cœur d’Arjuna, est digne de recevoir la connaissance spirituelle.

Hare Krishna ! – Haribol !

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